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Analyse critique et
commentaire du rapport de L’INSERM sur la Migraine
INSERM (Institut National de
la Santé et de Recherche Médicale)
EXPERTISE
COLLECTIVE : MIGRAINE - 16 Décembre 1998 - Sous la direction du
Professeur Marie Germaine Bousser
http://dicdoc.kb.inserm.fr:2010/basisrapports/migraine.html
Présentation
Claude Griscelli,
Directeur général de L’INSERM, a décidé la mise en place d’une
Expertise collective sur la migraine, en réponse à la demande de la
MGEN, présidée par Alain Chauvet.
« Différencier mal de tête
et migraine, insister sur le fait que les examens(scanner, IRM
cérébral…) sont inutiles dans le diagnostic de la migraine, informer
les malades que des traitements efficaces existent, arrêter la
confusion fâcheuse entre facteurs déclenchants et cause de la
maladie, donner plus d’importance à la migraine dans la formation
des médecins, développer des recherches pour comprendre l’origine de
la migraine et les mécanismes qui conduisent aux crises, et
développer l’approche socio-économique du problème, telles sont les
principales conclusions du rapport d’Expertise collective
« Migraine ».
« Affection
sous-diagnostiquée, non prise au sérieux ,mal soignée, peu
enseignée, telle apparaît encore actuellement, en France, la
migraine.
Pourtant cette maladie, réellement handicapante et qui touche 12% de
la population française, fait l’objet depuis une dizaine d’années
d’une approche scientifique rigoureuse qui a débouché sur des
avancées remarquables, notamment dans les domaines
physiopathologiques, génétique et thérapeutique.
L’objectif du rapport d’Expertise collective « Migraine » réalisé
par l’INSERM à la demande de la MGEN est de faire le point sur ces
avancées et sur l’ensemble des connaissances actuelles.
Le groupe espère ainsi stimuler l’intérêt du corps médical, des
chercheurs et des décideurs à l’égard de cette affection et
contribuer à une amélioration de la prise en charge de ceux qui en
souffrent ».
« La migraine est très fréquente puisqu’elle concerne près de 7
000 000 de personnes en France. Les femmes sont les principales
concernées : 18% d’entre elles sont touchées contre 6% d’hommes.
Chez l’enfant, la prévalence est de 5 à 10 %.
Au moment de la puberté, la prévalence augmente rapidement chez les
filles pour aboutir à la nette prédominance féminine observée chez
l’adulte. Bien qu’aucun âge ne soit épargné, c’est l’adulte jeune
qui paie le plus lourd tribut. En effet, la maladie débute presque
toujours avant 40 ans et la fréquence comme la sévérité des crises
va en diminuant dans la deuxième moitié de la vie. La maladie est
véritablement universelle aucun pays n’étant épargné ».
Préambule et synthèse, extraits p 5-6 -
http://dicdoc.kb.inserm.fr:2010/BASIS/elgis/fqmr/rapp/DDD/654.pdf
MIGRAINE,
TRAUMATISME Crânien
ET RACHIS CERVICAL
Migraine post-traumatique
« Les céphalées
sont extrêmement fréquentes après un traumatisme crânien. La
classification de l’IHS distingue les céphalées post-traumatiques
aiguës apparaissant dans les quatorze jours après le traumatisme et
régressant en moins de 8 semaines, et les céphalées chroniques qui
surviennent habituellement après un traumatisme crânien mineur et
s’intègrent, le plus souvent, dans le syndrome post-traumatique
crânien. Celui-ci associe des céphalées chroniques quotidiennes, des
sensations vertigineuses, une insomnie, des troubles de mémoire, des
difficultés de concentration, une asthénie. Bien différente de cette
céphalée chronique et infiniment plus rare qu’elle, est la migraine
post-traumatique, variété secondaire de migraine, reconnue par la
classification de l’IHS (Behrman 1977 ; Guthkelch 1977 ; Weiss et
al. 1991 ; Russel et Olesen 1996b). Il s’agit, chez un sujet
auparavant non migraineux, de l’apparition de crises de migraine
moins de 14 jours, soit après le traumatisme crânien lui-même, soit
après la sortie du coma post-traumatique.Cette migraine
post-traumatique est à distinguer des crises déclenchées par un
traumatisme crânien chez un sujet préalablement migraineux (Haas et
Sovner 1969). Cette éventualité n’est pas rare chez l’enfant, où,
après un choc parfois minime sur le crâne (coup sur le crâne, choc
avec un copain), peut survenir une crise parfois très sévère, avec
cécité, hémiplégie, confusion mentale, voire coma. Ce type de crises
se produit essentiellement chez les enfants atteints de migraine
hémiplégique familiale ». p. 66.
Commentaire et analyse
critique
Il est HONTEUX de
décrire ici dans ces pages autant d'informations médicales d'une
très grande tenue scientifique, de ne pas les diffuser hors de ce
propos, de ne pas inciter les praticiens à explorer ces pages avec
beaucoup plus d'attentions.
L'auteur oublie qu'il s'adresse à des Neurologues qui n'ont pas les
réflexes de l'examen dynamique et morphologique du corps. A propos
de ces écrits, j'ai été mis en contact avec un Neurologue de ville,
il possède cet ouvrage, il l'a parcouru sauf ces quatre pages.
Au dernier Congrès de Thérapeutiques neurologiques à la Villette 3-4
Décembre 1999, j'ai fait remarquer à un orateur qu'il avait escamoté
quelques lignes sur les aspects mécaniques de certaines migraines et
céphalées, qu'il était en train de lire sur une diapositive.
Ce Neurologue est pourtant un responsable des traitements et de la
recherche chez les enfants migraineux.
Il m’a été répondu que le pourcentage était peu significatif.
De plus, j'ai reçu en mon cabinet des patients ayant déjà été
examinés par des neurologues spécialistes dans leurs cabinets en
ville ou à l’hôpital, très souvent les atteintes physiques y avaient
été éludées.
Croyez bien que dans un très grand nombre de cas les patients
s'observant sous toutes les coutures s'égarent dans des associations
d'idées sans fondement, dans des enquêtes épidémiologiques sauvages
guidés par des questions oiseuses posées par ces mêmes médecins.
Mais dans un très grand nombre de cas, les patients ont observé avec
justesse des atteintes cervicales qu'ils finissent par ne plus
aborder lors de leurs consultations ayant été dissuadé de
l'importance de ces symptômes par tous leurs médecins précédents.
Texte INSERM
« L’incidence de la migraine post-traumatique varie de 0,5 à 4%
des sujets hospitalisés pour un traumatisme crânien. Récemment, dans
une enquête en population générale, Russel et Olesen (1996b), ont
trouvé une prévalence de 1,4% avec un sex-ratio homme-femmes ½,4 à
partir d’une population de 4 000 sujets de 40 ans. La migraine
post-traumatique n’est donc pas une éventualité exceptionnelle. Dans
cette étude, parmi les 29 sujets atteints de migraine
post-traumatique, 20 avaient des crises sans aura, 2 avaient des
crises avec aura et 7 avaient d’autres variétés de crises. La
symptomatologie des crises était tout à fait identique à celle de la
migraine non traumatique. L’étude de la prévalence de la migraine
dans la fratrie des sujets atteints a montré que celle-ci était plus
faible que celle de la prévalence de la migraine non traumatique.
Cela suggère des étiologies différentes aux migraines liées et non
liées à un traumatisme crânien, et indique que la migraine
post-traumatique n’est pas seulement la révélation, par un
traumatisme crânien, d’une migraine latente.
La migraine post-traumatique est importante à reconnaître et à
différencier de la céphalée chronique post-traumatisme crânien,
d’une part, pour des raisons médico-légales, d’autre part, pour des
raisons thérapeutiques, car elle doit être traitée comme une
migraine, les médicaments anti-migraineux, que ce soit de crise ou
de fond, étant habituellement efficaces ». P. 67
Commentaire et analyse critique
Le raisonnement
précédent ne tient pas, pourquoi différencier ce qui doit être
traité d'une façon identique ? Mais là où cette affirmation peut
être prise à la lettre, c'est que les physiopathologies de ces deux
pathologies sont identiques avec une installation à chaque fois
d'une entorse cervicale à des degrés variables en fonction de la
puissance de chaque impact. Les variations peuvent aller de la
rupture totale, là il n'y a pas de maux de tête, c'est la paralysie
ou la mort, jusqu'à des Dérangements Intervertébraux Mineurs. Ce qui
surprend : les migraines comme les céphalées sont d'intensités
identiques dans tous ces cas, ce n'est pas la puissance de l'impact
qui est important mais la localisation neurologique, filet
sympathique issu de la corne antérieure de C0C1C2 innervant le
Ganglion Cervical Supérieur.
Texte INSERM
Migraine d’origine cervicale
« Une migraine peut également
apparaître de novo après un traumatisme du rachis cervical et avoir
alors une symptomatologie particulière, caractéristique d’une
migraine d’origine cervicale. Il s’agit d’un sujet très controversé
car, s’il est vrai que certaines pathologies du rachis cervical sont
susceptibles de provoquer une crise migraineuse, ceci est une
éventualité rare, et la responsabilité du cou dans le déclenchement
de la migraine est beaucoup trop souvent surestimée. La
classification de l’IHS reconnaît l’existence de céphalée d’origine
cervicale mais pas celle de la " migraine d’origine cervicale ".
Le cou contient des nocicepteurs, au niveau des articulations, des
ligaments, du périoste du rachis, des muscles cervicaux, des
artères, de la dure-mère médullaire. Les influx nociceptifs
provenant de ces structures sont véhiculés par les racines et nerfs
rachidiens ; l’existence d’anastomoses entre les trois premières
racines cervicales et le noyau du trijumeau rend compte de la
possibilité de survenue de céphalées lors de certaines pathologies
cervicales.
Les erreurs diagnostiques par excès sont en effet très fréquentes.
Elles sont généralement liées au fait qu’il existe chez deux tiers
des migraineux des douleurs ou une raideur du cou durant les crises
(Blau et MacGregor 1994). Ces symptômes ne présument pas de
l’origine cervicale de la migraine ; ils font partie intégrante de
la crise migraineuse et ne doivent pas induire des explorations et
des traitements du rachis cervical. L’arthrose cervicale banale, qui
touche généralement les segments inférieurs du rachis cervical qui
ne contiennent pas de nocicepteurs anastomosés avec le trijumeau, ne
doit pas être considérée comme facteur déclenchant de la migraine ».
p. 67-68
Commentaire et analyse
critique
Pour le moment
aucune recherche ayant été entreprise, personne ne connaît la
prévalence de ce type de migraine mais, si elle existe et que son
traitement aussi, pourquoi ne pas s’occuper de ce petit nombre de
migraineux guérissable !!!
Texte INSERM
« Il existe néanmoins d’authentiques,
mais rares, migraines d’origine cervicale (Sjaastad et al.1990) dont
les principaux éléments du diagnostic sont :
-
L’unilatéralité de
la douleur qui est généralement décrite comme démarrant en un
point précis dans la région occipitale latérale en regard de
l’émergence du grand nerf occipital ;
-
La reproduction de
la douleur par la pression de l’émergence du grand nerf
occipital ;
-
L’absence d’aura
neurologique ;
-
Le soulagement de la douleur
par un bloc anesthésique de C2 ou du grand nerf occipital ;
-
L’apparition des
crises dans certains cas après un traumatisme cervical avec " coup
du lapin ".
Ces critères
sont cependant pour la plupart dénués de spécificité vis-à-vis du
caractère spécifique de l’atteinte cervicale et, malheureusement,
les examens radiologiques sont de peu de secours, hormis les rares
cas où existent des lésions du rachis cervical haut. Plus souvent,
les radiographies du rachis sont strictement normales et le
diagnostic repose sur le faisceau d’arguments cliniques énoncés
ci-dessus parmi lesquels, le déclenchement de la douleur par
certains mouvements ou positions du cou nous paraît être un critère
particulièrement important.
Bien que rares, ces migraines d’origine cervicale sont importantes à
reconnaître, d’une part, pour des raisons médico-légales, d’autre
part, parce qu’elles peuvent être améliorées parfois de façon
spectaculaire par des traitements locaux : infiltration du grand
nerf occipital, infiltration de C2, intervention de neurolyse,
manipulations, ne sont pas dénués de risques puisque des cas de
dissection de l’artère vertébrale après manipulation cervicale ont
été rapportés. L’indication de ces traitements locaux doit donc être
mûrement réfléchie et si l’option des manipulation est choisie,
celles-ci doivent donc être effectuées avec la plus grande douceur
par un médecin entraîné à ce type de traitement.
EN CONCLUSION, la migraine est classiquement considérée comme une
affection à " seuil critique ". Ce seuil de déclenchement de la
céphalée dépend de nombreux facteurs, génétiques et d’environnement.
En clinique, l’empirisme a montré que ce seuil n’est pas constant et
peut varier selon la fréquence et l’importance des facteurs
favorisants. Les facteurs favorisants changent parfois d’une crise à
l’autre chez un patient bien que, d’une manière générale, un patient
signale habituellement quelques facteurs particuliers. Parfois à
l’interrogatoire, un facteur apparaît suffisant par lui-même pour
favoriser la survenue des crises de manière quasi régulière (les
règles, par exemple) mais, d’une manière générale, la probabilité de
survenue d’une crise migraineuse est plus importante lorsque
plusieurs facteurs favorisants sont réunis. En cas de facteur
unique, son élimination peut constituer un traitement très efficace
(voir migraine menstruelle pure) mais, en cas de facteurs multiples,
l’élimination des facteurs présumés déclenchant est rarement
suffisante et il faut habituellement y adjoindre un traitement
médicamenteux. Chez certains patients, enfin, il est impossible de
mettre en cause quelque facteur que ce soit.
A côté des facteurs favorisants des crises, il existe des facteurs
qui paraissent déclencher la maladie migraineuse elle-même : ainsi
en est-il des rares migraines apparues après un traumatisme crânien
ou cervical chez des sujets qui n’avaient jamais eu de crises
auparavant ». p. 68-69
INSERM La
MIGRAINE, Connaissances descriptives, traitements et préventions
http://dicdoc.kb.inserm.fr:2010/basisrapports/migraine.html
- Extraits du
rapport - 2 - Migraine : la clinique p. 66-69
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